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11 novembre 2020 - Commémoration

 

Aujourd’hui, au vu de la situation sanitaire liée au COVID-19, afin de garantir la sécurité de tous les participants, le Collège a pris la décision de ne pas organiser de rassemblement devant le monument érigé en mémoire de nos anciens combattants, pour nous souvenir ensemble de notre histoire. 

Malgré tout, ce jour, en ce 11 novembre 2020, nous pouvons nous retrouver par la pensée et les mille liens que notre mémoire commune tisse entre chacun de nous, afin de nous souvenir, chacun à notre manière, de la fin d’une guerre atroce, de se rappeler tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont donné leur vie et leur jeunesse pour que la paix, la liberté et la démocratie soient respectées dans notre pays. 102 ans nous séparent de la fin de la première guerre mondiale et 75 ans de la deuxième. Deux générations, voire trois n'ont pas connu la guerre et ces atrocités, on ne peut que s'en féliciter ! Mais il est impératif que le souvenir soit perpétué, que ce qui a été appris face à toutes ses souffrances soit communiqué pour que d’une part cela n’arrive plus mais aussi pour que chacun participe à la construction d’un monde solidaire.

Notre société à évoluer, ainsi, on connait un révolution numérique phénoménale, avec ces aspects positifs (connaissance et ouverture au monde, ouverture aux autres, accès à une infinité d’informations, de lieux, de contacts, de cultures, de partages) mais aussi un côté plus obscure (impossibilité à trier ces informations, à distinguer le vrai du faux, à analyser ces informations, bref à exercer son esprit critique et à  développer une rigueur dans ce que l’on écrit, dans ce que l’on dit, on surfe souvent sur l’émotionnel). Il en ressort souvent raisonnements simplistes et rumeurs non fondées.

Un élément retient plus mon attention ce jour. Souvent toutes ces plateformes de « réseaux sociaux » confortent l’isolement des personnes en créant l’impression mais c’est une impression d’avoir une multitude d’amis … amis qui restent virtuels.

Ce qui frappe lorsque l’on se replonge dans l’Allemagne des années 30[1] , c’est la facilité avec laquelle, en quelques années, les nazis ont pris littéralement le contrôle de tous les leviers de pouvoir. Et à bien des égards ce qui doit retenir notre attention en 2020, ce n’est pas tant le profil des dignitaires nazis ou l’idéologie qui les animait, mais la nature complexe de la société qui a accepté de s’en remettre totalement à eux.

On dit souvent qu’Adolph Hitler est arrivé démocratiquement au pouvoir. Effectivement, en tout cas au début, les nazis ont respecté le processus électoral. Mais, dans une Allemagne où les institutions étaient fragilisées et discréditées, les partis politiques étaient rongés par la corruption et les divisions internes. L’Allemagne n’avait plus de scènes politique, sociale et culturelle structurée, elle était profondément divisée en factions avec une population de plus en plus atomisée. Atomisée au sens où de plus en plus d’individus étaient seuls, sans emploi, sans appartenance politique, sans affinité associative, sans vie militante, sans intérêts culturels, bref sans valeurs et sans engagement, c’est-à-dire sans rien qui puisse les protéger de la grande et irrésistible camaraderie nazie.  

Si l’extrême droite progresse un peu partout, la société en 2020 est bien différente de celle des années 30 en Allemagne. Mais on constate, de plus en plus une atomisation de la société, une diminution de l’engagement, du bénévolat, des valeurs solidaires qui constituent une barrière contre les extrêmes.  Notre devoir, à chacun, est de jouer un rôle contre cette atomisation de notre société en proposant, chacun à son niveau, un engagement, une appartenance collective, du lien entre les gens, des valeurs pour fédérer un groupe, des débats d’idées, des moments conviviaux, la valorisation et rendre confiance et sens dans l’humain, bref dans tout ce qui protège les gens de l’isolement, tout ce qui les empêche de devenir des « atomes » profondément seuls et isolés, bien plus faibles alors pour résister au populisme.

Ce travail de mémoire en fait partie. Il rappelle à chacun d'entre nous la nécessité que pour vivre en liberté et en paix, la société doit être basée sur un terreau d'entente, d’éducation au respect et à l’écoute de l’autre, de solidarité et de vie en collectivité.

 

                                                                                   Catherine MATHELIN

 

[1] Propos de Jérôme Jamin

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