Frelon asiatique
Depuis 2023, le Gouvernement wallon a opté pour une nouvelle stratégie de gestion de l’espèce, basée sur une aide spécifique au secteur apicole et une rationalisation des interventions visant la neutralisation des nids secondaires. Voici un rappel des différentes interventions et le contexte dans lequel elles s’appliquent.
Rappel du cycle de vie du frelon asiatique
Le frelon asiatique est un hyménoptère social qui forme des colonies annuelles. Son activité et ses effectifs varient au fil des saisons. La colonie débute entre fin mars et début avril, à la sortie de l’hivernage des femelles fécondées. Celles-ci commencent, seules, la construction du « nid de printemps » ou « nid primaire » dans un abri (arbre creux, cabane de jardin, grenier, …). Ces premiers nids sont de petites tailles et peuvent facilement être confondus avec un nid d’hyménoptères indigènes tels que les guêpes sociales et le frelon européen.
Dans le courant du mois de mai, les premières ouvrières vont apparaître et la colonie s’agrandira jusqu’à se retrouver à l’étroit dans le nid primaire. Les ouvrières de la colonie vont alors entamer la construction du « nid d’été » ou « nid secondaire », ce qui va permettre à l’ensemble de la colonie de changer de nid. Ce nid se trouve la plupart du temps dans un arbre, à plus de 8 mètres de haut. A la fin de l’été – début de l’automne, au pic de son développement, la colonie peut abriter jusqu’à plusieurs milliers d’individus dans un nid secondaire pouvant atteindre près d’un mètre de diamètre ; elle produit alors des individus sexués, mâles et femelles, qui vont quitter progressivement le nid et se disperser.
Ce nid d’été est définitivement abandonné dès la fin de l’automne ou début de l’hiver (en fonction des conditions climatiques). Il ne sera pas réutilisé l’année suivante.
Seules les jeunes reines survivent à l’hiver, cachées dans le sol, dans une vieille souche d’arbre ou sous une écorce.
Destruction des nids
Depuis 2023, la neutralisation systématique des nids recensés a été stoppée en région wallonne. L’objectif est de concentrer les moyens sur les nids primaires et les seuls nids secondaires représentant une menace avérée pour la santé humaine ou l’activité apicole.
Nids primaires : l’opération est intéressante car permet de prévenir des problèmes ultérieurs tels que ceux liés à l’utilisation d’insecticides potentiellement néfastes pour l’environnement et des dépenses inutiles liées à la destruction des nids secondaires. Elle est simple et pratiquement sans danger lorsqu’elle est réalisée dans les premiers jours de formation du nid, alors que la taille de celui-ci n’excède pas celle d’un pot de confiture. L’opération doit se faire de nuit pour être sûr de la présence de la fondatrice dans le nid. Il faut au préalable se munir d’un pot de confiture ou tout autre bocal similaire qui peut se fermer hermétiquement ainsi que d’un couteau de peintre. Pour décrocher le nid, on viendra placer le bocal autour du nid et on glissera le couteau de peintre entre le nid et son support. Le nid tombera alors dans le pot. Il faut ensuite maintenir le couteau au-dessus du pot pour le fermer et éviter que la fondatrice ne s’échappe. Ensuite, on placera le couvercle au-dessus du pot et on pourra retirer le couteau de peintre et fermer le couvercle. Le tout sera placé au congélateur durant 24h pour euthanasier les individus présents dans le nid.
L’opération ne devra donc pas être réalisée par une personne allergique ou qui présenterait un risque de complication cardiaque ou respiratoire car le risque de piqure n’est pas nul. Attention : Si le nid est trop gros pour rentrer entièrement dans un bocal, il est alors préférable de faire appel à un désinsectiseur (voir ci-dessous).Dans ce cas, il est probable que le nid contienne déjà des ouvrières. Le risque de piqûre à l’approche du nid est alors plus élevé.
Nids secondaires :
1. Si le terrain vous appartient : il est de votre responsabilité de juger s’il est nécessaire de faire neutraliser le nid (Est-ce que ce nid pose une menace à l’utilisation de ma propriété ? Ai-je le souhait qu’un tiers accède à mon terrain ? Qu’il utilise des insecticides chez moi? etc.). Si tel est le cas, vous êtes libre de faire neutraliser le nid en contactant la zone de secours : +3263212892 - commandant.zslux@zslux.be - https://zslux.be/. Vous pouvez également faire appel à un désinsectiseur professionnel formé par le CRA-W dont la liste est consultable ici via une carte interactive : ici. Cette liste est également disponible en contactant environnement@nassogne.be – 084/220753.
2. Le terrain est situé à moins d’un kilomètre d’un rucher. Dans ce cas, l’activité apicole peut être impactée. Les apiculteurs sont encadrés par des mesures d’aides spécifiques. Pour plus d’information, il est conseillé de contacter le CARI (+32(0)10 47 34 16 — info@cari.be) ou de consulter cette page : Neutral
3. Si le terrain appartient à une école de la communauté française, un hôpital, etc. le chef d’établissement ou le directeur déterminera si le nid présente un risque pour les personnes qui fréquentent les lieux. Le cas échéant, il fera intervenir un neutralisateur formé ou un désinsectiseur privé ;
4. Dans tous les autres cas : prenez contact avec le service environnement, de préférence par courriel ; joindre une photo de l’emplacement du nid que vous avez observé permet de le localiser plus rapidement.
| Afin de participer au recensement de l’espèce en Wallonie, nous vous invitons à signaler vos observations, photo à l’appui : SPW – CiEi Cellule interdépartementale Espèces invasives, invasives@spw.wallonie.be. Plus d'informations : https://biodiversite.wallonie.be/fr/le-frelon-asiatique. |